L'hypertension rénovasculaire se définit par une relation de cause à effet entre une sténose de l'artère rénale et une hypertension artérielle. Parmi la population des patients hypertendus seul 1 à 5 % de ces patients ont une hypertension rénovasculaire. En théorie, la correction d'une sténose de l'artère rénale chez un patient présentant une hypertension rénovasculaire devrait permettre une résolution ou une amélioration importante de l'hypertension. En pratique, parmi les patients porteurs d'une sténose athéromateuse de 1 ' artère rénale, une réponse thérapeutique après angioplastie est observée dans seulement 50 à 60 % des cas. Récemment, plusieurs études randomisées comparant chez les patients hypertendus avec une sténose de l'artère rénale le traitement médical par médication antihypertensive au traitement par angioplastie transluminale n'ont pas montré de différence significative entre les deux traitements pour la réponse sur l'hypertension. Dans ces études, les patients étaient sélectionnés uniquement sur des critères cliniques et angiographiques. Il existe donc un problème important de sélection des patients avant l'angioplastie. À l'heure actuelle, la scintigraphie est l'examen le plus utilisé cliniquement pour détecter les sténoses de l'artère rénale et poser le diagnostic d'hypertension rénovasculaire. Toutefois, les données de la littérature sont très contradictoires que ce soit pour la sensibilité de cette technique dans la détection des sténoses de l'artère rénale ou la prédiction de la réponse thérapeutique après angioplastie. L'échographie-doppler des artères rénales est une technique d'apparition plus récente qui permet de dépister adéquatement les sténoses de l'artère rénale. Toutefois il existe peu ou pas de données sur la valeur de l'échographie- doppler pour la prédiction de la réponse thérapeutique après angioplastie. Le but de cette étude est de comparer l'échographie-doppler et la scintigraphie rénale pour prédire la réponse thérapeutique après angioplastie. Il s'agit d'une étude prospective incluant 61 patients. Tous les patients ont eu avant angioplastie, une scintigraphie et une échographiedoppler des artères rénales. Après angioplastie, une évaluation clinique de la réponse clinique sur l'hypertension a été faite au troisième mois. Nous avons analysé la valeur prédictive thérapeutique des différents paramètres cliniques, scintigraphiques et échographiques. Les résultats de cette étude montrent que le seul paramètre prédictif clinique est la durée de l'hypertension avant traitement. Un examen scintigraphique postcaptopril positif et une variation de la fonction différentielle entre les deux reins sur les examens scintigraphiques pré et postcaptopril étaient également associés avec une meilleure réponse thérapeutique. La présence d'un examen doppler intra-rénal positif après captopril et surtout d'un index de résistance abaissé étaient fortement associés à une bonne réponse thérapeutique. Lors de la construction d'un modèle multivarié, le meilleur modèle pour prédire une bonne réponse thérapeutique était la présence d'un doppler intra-rénal positif et d'un index de résistance bas sur l'examen doppler. Les conclusions de cette étude sont que l'examen doppler est un bon outil de sélection des patients avant angioplastie rénale. Comme cet examen présente également une bonne sensibilité pour dépister les sténoses de l'artère rénale, il pourrait se substituer à la scintigraphie.
Keywords:
Hypertension rénovasculaire; angioplastie rénale; Doppler rénal; scintigraphie rénale; sténose de l'artère rénale